Jeudi 25 décembre 2008

Joyeux  noël

 

Celui qui n'a pas Noël dans le coeur ne le trouvera jamais au pied d'un arbre.
[Roy Lemon Smith]

 

 

Tout ce que l’on peut savoir sur  la fête de Noël

Sylvie Barnay, maître de conférences à l’Université de Metz, chargée de cours à l’Institut catholique de Paris, évoque le père Noël le sapin décoré et la nativité du Christ : Noël au fil des siècles. (lien canal académie 

Célébrée aujourd’hui le 25 décembre, la fête de Noël a été ignorée des chrétiens des trois premiers siècles. Le 25 décembre constituait par contre dans l’Empire romain une fête spéciale consacrée au culte du soleil.

Entre 325 et 354, selon l’hypothèse historique la plus vraisemblable, la fête de l’épiphanie est introduite à Rome, mais surtout déplacée le 25 décembre. Dès 336, le 25 décembre est attesté comme la fête anniversaire de la naissance du Sauveur. Le 25 décembre était alors considéré comme un jour de fête particulièrement important dans l’Empire romain puisqu’il coïncidait avec le culte solaire rendu à Mithra présenté comme le «sol invictus», le soleil invaincu. L’Eglise de Rome s’attache à développer le culte du Christ présenté comme la «Lumière qui éclairera les nations».

Saint Ambroise confronte expressément la fête païenne et la fête chrétienne en disant : «Christ est notre nouveau soleil !».

Augustin lui aussi fait allusion à la fête païenne du 25 décembre quand il exhorte les chrétiens à ne pas adorer le soleil comme les païens mais celui qui l’a créé.

Le pape Léon le Grand fustige ceux qui à Noël fêtent la naissance du soleil au lieu de celle du Christ. Dans les deux cas, plusieurs récits attestent que le peuple allumait des feux de joie, ce qui pouvait rendre à la fois l’analogie et la confusion bien facile entre le culte païen et le culte chrétien.

Aujourd’hui, outre l’Eglise catholique romaine, les Eglises protestantes et la plupart des Eglises orthodoxes fêtent Noël le 25 décembre.

Le sapin de Noël

A la suite des Evangiles apocryphes, les légendes médiévales attestent que les arbres fleurissent au moment de la naissance du Sauveur. Pour évoquer ce miracle, on utilise des plantes persistantes comme le buis, le genévrier et plus particulièrement le sapin dont le vert persistant - même en plein hiver - évoque la vie éternelle.

La décoration du sapin de Noël est attestée en Alsace dès la fin du XVe siècle.

La nuit de Noël, l’arbre de Noël évoquait ainsi l’arbre du péché que l’Incarnation du Christ venait racheter, introduisant également un retour de l’état paradisiaque dans le monde, retour dû à la venue du Christ dans le monde. Dans les sermons sur la Nativité du XVIe siècle, on insiste également sur la mort sur la Croix de celui qui est né dans la nuit sainte. Les premières descriptions du sapin de Noël reflètent cette théologie comparant également la Croix et l’arbre.

Le symbole de l’hostie et du bois de la Croix donnent lieu à des évocations nombreuses au XVIIe siècle. Il semble que la décoration du sapin se limite aux pommes et aux hosties, mais progressivement on introduit d’autres éléments. En 1605, à Strasbourg, un anonyme relate dans un journal «Quelques curiosités aperçues à Strasbourg» : «A Noël, à Strasbourg, on dresse des sapins dans les salons. On y accroche des roses, découpées dans du papier multicolore, des pommes, des hosties, de l’or qui grésille, du sucre...».

Les légendes du Moyen Age ont leur explication : plusieurs racontent qu’une rose miraculeuse a fleuri la nuit de Noël et que la Vierge l’a ramassée, l’or évoque celui des trois rois mages. Plus tard, au XVIIIe siècle, des bougies sont fixées aux branches afin d’annoncer que le Christ est la lumière du monde.

C’est surtout au moment de la guerre de 1870, que l’émigration des Alsaciens et des Lorrains emporte avec elle le sapin de Noël et les coutumes de Noël. Sous l’influence de l’industrialisation au XIXe siècle, apparaissent les premiers décors en série : papiers, boules de verre, figurines de Noël.

Voir sur le lien interne où je mets la légende de l’arbre de Noël

 

Sur une autre source (lien) voici ce que l’on trouve sur le sapin de Noël

Le sapin de Noël a été popularisé par les protestants d'Allemagne qui refusaient la crèche catholique. L'arbre rappelle l'arbre de Vie du Paradis terrestre. C'est au XIXème s. qu'il se répand dans toute l'Europe et aux Etats Unis. En France c'est Hélène de Mecklembourg, princesse allemande et  belle fille du roi Louis Philippe Ier, qui fait décorer un sapin aux Tuileries en 1837. Puis les Alsaciens chassés après 1870 de leur province, répandent le sapin dans tout le pays.


 

Les traditions de Noël

Les croyances mêlent le miracle à la merveille. Les traditions d’autrefois, puisées pour l’essentiel dans les récits apocryphes, affirment que les animaux se mettent à parler comme le bœuf et l’âne de la crèche et que les branches de cerisier mises dans l’eau fleurissent et guérissent. Les croyances ajoutent que les pierres tournent et laissent découvrir des trésors enfouis. La messe de minuit réunissait le voisinage. On s’y rendait muni de torches ou de lanternes sans oublier d’apporter le blé ou le pain à bénir.

La célébration de Noël commençait par une veillée et se terminait par un réveillon.

En Bourgogne, on dégustait des crêpes et du vin chaud ou la dinde aux marrons ; en Alsace, on servait une soupe au lait appelée «bouillie de l’enfant Jésus» ; en Charente, on dégustait des escargots ; en Provence, on terminait le repas par treize desserts. Selon la légende, ils sont au nombre de treize pour avoir été offerts au Christ et aux douze apôtres. On les disposait sur des tables couvertes de trois nappes superposées, symbolisant le mystère de la Trinité. Personne n’omettait de mettre la bûche ou le tison de Noël dans la cheminée, à l’origine de la fabrication du gâteau traditionnel appelé bûche de Noël. Elle passait pour posséder des vertus magiques : garantir contre le feu et le tonnerre, guérir les bestiaux des maladies, etc...

Voir aussi Noël Bourguignon (lien canal académie)

 

La crèche de Noël

Le théâtre du Moyen Age met en scène la vie des saints et représente «grandeur nature» l’épisode évangélique de la Nativité.

A partir de la Renaissance, les crèches sont miniaturisées, placées dans les églises, puis dans les foyers.

La crèche de la Nativité de Jésus et ses traditions sont présentées par Sylvie Barnay. Comment est-on passé des crèches vivantes du Moyen-âge aux crèches miniaturisées en passant par les Santons de Provence jusqu’aux crèches commercialisées aujourd’hui ? (lien canal académie)

«(Marie) enfanta son fils premier né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’ils manquaient de place dans la salle» (Lc 2,7) . C’est cet épisode du récit de la Nativité du Christ racontée par l’évangéliste Luc qui est à l’origine de la crèche («cripia» en latin, traduit en français par «crèche»).

La tradition de la crèche est liée à la tradition de Noël.

Il est d’usage de l’installer quelque temps avant Noël : le 1er dimanche de l’Avent (4 semaines avant Noël), à la Saint-Nicolas (le 6 décembre), à la Sainte-Barbe (le 4 décembre) ou le dernier dimanche avant Noël. La tradition veut que la crèche reste en place jusqu’au 2 février (fête de la Chandeleur, présentation de Jésus au Temple), mais souvent on la range après l’Épiphanie (le 6 janvier).

L’habitude de représenter la crèche de manière visuelle se met en place de manière tardive. Elle est liée à la découverte de la spiritualité de l’enfance du Christ au XIIe siècle. Les peintres représentent la scène de la Nativité et prennent l’habitude de représenter l’enfant Jésus dans la crèche. Peu à peu, le théâtre du Moyen Age met en scène la vie des saints et représente «grandeur nature» l’épisode évangélique de la Nativité. Les crèches vivantes font ainsi partie des «mystères» représentés sur les parvis des Eglises. Ainsi, le public est associé à la découverte du divin mystère. Les hagiographes de saint François d’Assise racontent qu’une telle crèche est créé à Grecchio : animaux et personnages sont vivants. La Vierge Marie, mais aussi Joseph, les bergers et les mages font revivre le mystère de la Nativité. A la fin du Moyen Age, en particulier en Italie, le public a l’habitude de se déplacer dans des crèches mais aussi des chemins de Croix «grandeur nature». Dans le sud de l’Italie, à Naples, tout un art de fabrication de statues de crèches richement colorées se met en place.

A partir de la Renaissance, les crèches sont miniaturisées, placées dans les églises. Ce sont les Jésuites qui sont les introducteurs de cette miniaturisation liée à une nouvelle conception de la représentation des mystères divins. Les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola, le fondateur de la Compagnie, invite en effet les âmes à figurer la Nativité mais aussi à s’y déplacer en esprit pour participer à la vie divine du Christ. A Noël, l’habitude se prend progressivement de venir ainsi admirer les crèches placées sur les autels. Progressivement, les demeures aristocratiques reprennent l’usage des églises : de somptueuses crèches baroques sont ainsi crées, mobilisant les artistes. La pratique religieuse reprend la tradition.

Après la Révolution, les villages de Provence en France répandent l’usage de la crèche au lendemain du Concordat et fabriquent des santons («santouns», « petits saints Â»), petits personnages de crèches qui s’inspirent de la vie locale.

Aujourd’hui, les crèches de Noël attirent les visiteurs, qu’ils soient ou non croyants, et donnent parfois lieu à des spectacles de grande qualité.

 

Saint Nicolas, le saint des enfants et le père Noël

Des recueils entiers de miracles font de saint Nicolas le protecteur des enfants. On l’invoque pour avoir des enfants, pour qu’il les protège. Jusqu’à la première guerre mondiale, saint Nicolas est notamment beaucoup prié pour ramener les enfants de mort à vie. L’origine de cette invocation se trouve dans un récit de miracle que l’on commence à raconter à partir de la fin du Moyen Age.

Le récit est simple. Trois jeunes enfants sont perdus. Ils demandent à un boucher de les accueillir pour la nuit. Le boucher accepte. Mais aussitôt les enfants entrés chez lui, il les égorge, les coupe en morceaux et les met au saloir comme les petits cochons. Voilà que saint Nicolas passe par là et demande l’hospitalité au boucher. Ce dernier s’empresse de lui servir un bon repas. Mais saint Nicolas exige de manger uniquement ce qui se trouve dans le saloir. Il ressuscite alors les trois enfants.

Dans l’iconographie, ce récit a été maintes fois représenté. Saint Nicolas prend le nom de «Santa Klaus» dans les pays de l’Europe du Nord. Sous ce nom de Santa Klaus, il assume les fonctions du père Noël. Le jour de la saint Nicolas, les enfants se déguisent en «saint Nicolas». Ils passent de maison en maison chercher des étrennes et des friandises. Le soir, ils placent leur chaussette ou leur sabot près de la cheminée. Pendant la nuit, saint Nicolas distribue des gâteaux et des cadeaux aux enfants sages. Gare aux enfants désobéissants qui verront venir le père Fouettard déposer un fouet dans leurs souliers ! L’origine de cette coutume est à mettre en rapport avec la légende de saint Nicolas qui distribue de l’argent aux pauvres et vient en aide aux enfants.

Au XIXe siècle, le bonhomme Noël arrive à l’école laïque et républicaine vêtu de rouge, avec sa houppelande et son char venu du ciel, supplantant définitivement saint Nicolas et les saints distributeurs de cadeaux (notamment saint Grégoire et saint Martin). Ce dernier émigre alors aux Etats-Unis et en Australie où il connaît une nouvelle jeunesse. Au lendemain de la première guerre mondiale, il revient en fanfare sous l’appellation en Europe de «Santa Klaus», notamment sur les publicités des promotions commerciales de Noël.

Compléments

Noël dans les pays étrangers auteur Chabot, Alphonse

 

Voici le sommaire de la page si vous souhaitez lire des éléments particuliers

Préface.

NOËL EN SUÈDE ET EN NORVÈGE

Le cadeau mystérieux. Le repas national. La Messe de minuit au village. Le réveillon des petits oiseaux.

NOËL EN ANGLETERRE

Les mascarades. Les préparatifs immenses. L'agitation à Londres. Le Baron of beef. La décoration du home. La bûche traditionnelle. Les chanteurs. Le repas familial. Le cygne sur la table du roi. Les secours donnés aux pauvres. Les jeux. La réunion du soir. Les cartes de Noël. Le lendemain de Noël. Noël en Crimée. Noël au Transvaal. Une Messe de minuit en exil. L'offrande royale, le jour des Rois.

NOËL EN ALLEMAGNE

L'annonce de la fête. Origine des coutumes allemandes. Le réveillon. Le gâteau de Noël à la Cour de Berlin. Le Noël des enfants. L'arbre-de-noël. Le chant de Noël. La réunion familiale.

Le valet Rupert. La visite de l'Enfant-Jésus. Nicolas le Velu. L'arbre de Noël en 1870. L'arbre de Noël à la caserne. Trait patriotique.

NOËL EN ITALIE

Rome. Les Pifferari. La cantate à la Vierge. Les boutiques de la place Navone. Les Crèches.

Le San Bambino. La Befana. Les rondes de la Befana. Les Mystères de Noël à Leeca. L'Ave Maria de la Bûche.

NOËL A NAPLES

La semaine des Bancarelle. Le marché aux poissons. Le port de Naples. Les Zampognari.

Les Crèches napolitaines. La Crèche du Musée de la Chartreuse. La Crèche de Caserte. Les feux d'artifice. Le drame de la Naissance du Verbe Incarné. La Crèche-parlante de Catanzaro. Les cloches de Lanciano.

NOËL EN SICILE

Les musiciens de Noël. Gracieux dialecte sicilien. Prières de Noël. Chansonnettes pieuses. Les Crèches enfantines. Les boutiques de Palerme. Le repas des oiseaux. La Bûche de Noël.

NOËL EN ESPAGNE

Fête bruyante. La Bulle de la Sainte Croisade. Les Pâques de la Nativité. Les cillancicos.

La Zambomba. Le Samedi Saint. Le Noël de Valladolid. Noël à Séville. Le marchand de dindons. La loterie de Séville. Les Crèches. Le fandango. Les Tourons. Les Mystères de Noël à Valladolid. La prière de Noël à Séville. La prière de Noël à Lezo. La Messe de minuit. La Messe du jour à l'Hôpital Général. Le jour des Rois à Madrid. L'offrande du Roi d'Espagne.

 

Source   ou en txt

 

La nuit de Noël dans tous les pays auteur Chabot, Alphonse

I. La veillée de Noël et les légendes qu'on y raconte.

II. La bûche de Noël.

III. Les particularités de la Messe de minuit.

IV. Le réveillon et les gâteaux de Noël.

V. Les cadeaux de Noël (l'arbre de Noël et le soulier de Noël).

Source

Noëautou d monde
Les signets de Diane (lien)

D
étente

Trouvez un diaporama sonorisé accompagné par la chanson de petit papa Noël sur le site Ma plume d’argent (lien)

 

La nativité  en  images

Revoyez les œuvres trouvées sur le sujet (lien)

Par Bernadette Couturier - Publié dans : décembre - Communauté : Père Noêl et ses lutins
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