Quelques 13 juin
«L'Homme a besoin de passion pour exister.»
[Eric Tabarly]
Une des erreurs que peut commettre un chef d'entreprise, c'est de se croire le seigneur de l'affaire qu'il dirige.
[Auguste Detoeuf]
Extrait des Propos d’O.L. Barenton, confiseur
C’est la citation de la lettre de l’événement du jour et si on pense au contexte dans lequel l’entreprise se trouve placée suite au rachat par le groupe Figaro on se dit c’est judicieux d’avoir choisi cette citation. Voici donc des éléments complémentaires pour vous aider à comprendre la situation
Le rachat d’Evene par le groupe Figaro.
Mai 2007. Le groupe Figaro rachète Evene, premier magazine culturel sur Internet pour l'intégrer à son pôle « Nouveaux médias » (Figaro.fr, Sport24, Tvmag, Figaroscope.fr…), avec l'assurance du Directeur général adjoint du groupe, Pierre Conte, de donner « tous les moyens de poursuivre sa croissance de façon autonome et ambitieuse, tout en lui faisant profiter de synergies avec les autres activités ou marques du groupe. [Pour] faire d’Evene le référent pérenne du secteur… »[1]
Pourtant dès mai 2009, des coupes budgétaires contraignent la rédaction à revoir une partie des projets éditoriaux.
Fin 2009, certains des journalistes rémunérés en droits d’auteurs (assimilé par l’Inspection du travail à du travail dissimulé) ne voient pas leur contrat renouvelé et doivent cesser leur activité pour Evene.
Pendant toute cette période, l’encadrement d’Evene signale, à plusieurs reprises, à la Direction d’Evene et du Figaro, les problèmes de gestion de l’entreprise. Aucune réponse n’est donnée.
Le Figaro désavoue le projet qu’il a acheté.
En janvier 2010, le Figaro convoque toute l’équipe Evene pour présenter un nouveau projet Internet, Evene bis.
De site de destination, magazine culturel en ligne, Evene deviendrait un portail culturel, diminuant au strict minimum sa production d’articles, de critiques, de reportages, au profit d’une agrégation de contenus, d’achat de flux et du développement des contenus communautaires (alors que la community-manager a été licenciée en décembre 2009).
Le projet est rejeté de façon massive par l’ensemble des équipes qui proposent un contre-projet à la Direction et demandent qu’un compromis soit trouvé.
La Direction du Figaro fait momentanément marche arrière. En outre, elle reconnaît, en mars 2010, les problèmes de gestion rencontrés depuis trois ans et annonce à l’équipe éditoriale qu’elle ne sera pas impactée dans l’immédiat car les problèmes rencontrés sur le site résident davantage dans son ergonomie, sa fragilité technique et l’aspect vieillissant de son graphisme que dans l’éditorial.
Au même moment, Evene est contrôlé par l’Inspection du travail qui souligne l’illégalité des contrats d’auteur qui lient les journalistes à l’entreprise Evene (certains sont en poste depuis cinq ans) et dénonce une gestion des ressources humaines douteuse.
Contraint par l’inspection du travail à requalifier les contrats d’auteur en CDI, agacé par la rédaction qu’il qualifie de « Libé dans les années 80 » pour avoir osé remettre en question la pertinence éditoriale et économique du projet proposé, le Figaro lance un plan de licenciements pour motif économique sur la base du volontariat pour la survie du projet économique Evene, réservé exclusivement aux membres de la rédaction.
A noter : le nombre de requalifications forcées des droits d’auteurs en CDI ne concerne qu’une partie des journalistes en contrat d’auteur. La Direction ayant estimé que ceux dont l’activité n’était pas suffisamment importante ne se verraient rien proposer pour la suite.
Grâce à cette proposition, le Figaro espère se débarrasser de plus de 70 % des effectifs de la rédaction, ces mêmes personnes qui ont contribué à bâtir l'identité d'Evene.fr depuis plusieurs années. La rédaction passerait donc de 25 salariés (dont 13 à temps partiel) à 6 !
Le ton, en ce mois de mai 2010, se durcit ; la Direction faisant part de son refus de travailler avec « des gens qui n’aiment pas le Figaro », de poursuivre un projet éditorial « trop ambitieux », « trop prétentieux » et engage vivement les membres de la rédaction à se porter volontaire pour ce plan social déguisé. Soulignant au passage que si la rédaction refusait le plan de départs, les conséquences pourraient être désastreuses pour l’entreprise (dépôt de bilan) et les autres salariés d’Evene.
Que dénonce la rédaction d’Evene ?
Face à une Direction qui n’a cessé de changer d’avis sur l’avenir du projet Evene et qui cherche seulement à limiter les dépenses pour faire d’Evene un magazine au rabais, la rédaction d’Evene souhaite exprimer son indignation, sa colère et son désaccord.
La rédaction s'oppose à ce que le Figaro utilise une marque vidée de sa substance.
Elle demande que lui soit prouvée la faisabilité et l’efficacité (éditoriale et financière) du nouveau projet, convaincue de la non-viabilité du projet et de la fin imminente d’Evene si telle était la solution choisie.
Pour finir, elle refuse de payer pour des erreurs de gestion qui ne sont pas les siennes.
Que revendique la rédaction d’Evene ?
La rédaction d’Evene revendique une presse de qualité sur le Web, ouverte à une participation communautaire qui n’a pas pour autant vocation à remplacer les journalistes.
Elle défend l’idée selon laquelle la presse en ligne est une nouvelle forme de presse qui doit utiliser toutes les possibilités de ce nouvel outil tout en défendant les devoirs des journalistes (qualité, vérification de l’information, pas de plagiat…). Car être journaliste n’est pas un privilège, c'est un métier impliquant des devoirs.
Elle défend également un cadre juridique et réglementaire pour tous les journalistes du Web.
A ce titre, la rédaction réclame la régularisation de TOUS les contrats d'auteurs illégaux et non d’une partie comme c’est le cas aujourd’hui et demande également la mise en place de la convention collective des journalistes en remplacement de l’actuelle convention, inadaptée.
Evene défend la diversité et la découverte culturelle, la critique, l’investigation, la réflexion.
Evene appelle tous les professionnels de la culture, tous ses collègues journalistes presse en ligne, radio, tv, presse nationale et régionale, les lecteurs, le ministère de la Culture, les syndicats, les artistes à soutenir cette lutte pour l’exigence de qualité, de diversité culturelle et de liberté éditoriale.
LA REDACTION D’EVENE
[1]http://www.lefigaro.fr/medias/20070521.WWW000000708_le_figaro_acquiert_evene_le_premier_site_culturel_francais.html
Quelques 13 juin
Lien calendrier perpétuel !
Lien les éphémérides en art (anglais)
Learn something every day (lien)
Lien sur mon blog à quelques 13 juin
j’ajoute des compléments
13 juin 1800 Présentation du Nautilus par Robert Fulton. Submersible en fer et cuivre, le Nautilus navigue à la voile en surface et au pédalier en plongée. Les premiers essais auront lieu, le 13 juin 1800, pendant 20 minutes dans la Seine. Les essais du sous-marin et de la torpille, Torpedo, qu'il a inventée parallèlement, auront lieu près de Brest, en 1801, mais ne convaincront pas les autorités maritimes. Les éphémérides d’Universalis
13 juin 1877 Naissance du peintre italien Joseph Stella et choix d’œuvres
Three Miners (1938) Joseph Stella Roots, the Bronx (1940) Joseph Stella Cactus and Tropical Foliage (1922) Joseph Stella
City Buildings, New York (1917) Joseph Stella The Brooklyn Bridge: Variation on an Old Theme _ another image of same (1939) Joseph Stella Old Brooklyn Bridge (1941) Joseph Stella Self-portrait (1940) Joseph Stella
13 juin 1917 Le général John Pershing, véritable créateur de l'armée américaine du XXe siècle, arrive à Paris pour mettre sur pied une organisation complexe qui permettra d'accueillir en 1918 les deux millions de soldats américains qui seront transportés sur les champs de bataille. Les éphémérides d’Universalis
13 juin 1943 La guerre au jour le jour
juin 1963 (tu avais 20 ans)
Memoriam interactif
Que s'est-il passé l'année de votre naissance ?
Réponse détaillée en anglais sur ce site.
13 juin 1978 L'opération militaire israélienne engagée au Liban le 15 mars s'achève. Elle va permettre la création d'enclaves maronites extrémistes armées à l'extrême sud du Liban, qui deviendront l'armée du Liban-Sud (A.L.S.), rebelle à l'armée libanaise et soumise à l'armée israélienne qui l'équipe. Les éphémérides d’Universalis
13 juin 1995 Le président Chirac annonce la reprise des essais nucléaires français sur les sites polynésiens de Mururoa et de Fangataufa pour une «ultime série» de huit tirs. Cela suscite une vague de protestations dans le monde, notamment en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Japon. Les éphémérides d’Universalis
Sites pouvant être consultés
Chroniques de la lettre de l'événement
Les éphémérides imagées d'Alcide dans les signets de Diane
Les éphémérides d’Universalis
La guerre au jour le jour pour les années 1939 à 1943
Today in Science
Lien lettre de l’événement
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Dernière mise à jour 14.06.2010